En passant par le "Gros Max" - un circuit de 5 km
depuis Morville Les
Vic.
Sécateur, petite scie, gants ont été nécessaires pour tracer le chemin avant d'y apposer les balises.


 

 
 

A l'occasion de la 2ème marche Morvilloise du 11 juin 2011,
découverte ou redécouverte d'un site historique proche
de Morville Les Vic : 
Le Gros Max



des infos complémentaires sur le Max seront à découvrir lors de la parution du livre
"Morville Les Vic ---- Morville de Gorze : Toute une histoire"



 

 

Le Gros Max est installé dans le "bois de Chaumont" à :
-      255 m d’altitude. Il est protégé par le sommet. La maison forestière Mendes, du nom d'un aviateur "tombé", est à 310m
-      1.80 km de Morville Les Vic à vol d'oiseau

Il est arrivé discrètement un soir de 1915 par la gare d’Hampont en pièces détachées sur un wagon bâché

Il a été actif entre 1916 et 1917 (il y a pratiquement 100 ans)

 C’était un canon de type SK-LK/45 :
-      Canon = 38 cm
-      Portée = 35 km grâce au pointage vertical à 45°
-      Longueur estimée du tube = 12 à 13 m
-      Poids de l'ensemble = 260 T
-      Vitesse de tir possible = 1 toutes les 15 mn
-     Obus =  1.30 m à 1.60 m de haut avec 13 à 120 kg de charge explosive. Sur la photo ci-dessous, un obu du Max. Sur le mur on lit « nancy 13 août 1916». Les obus étaient tous différents en poids, longueur et charge explosive.


 


Il tirait essentiellement sur Nancy - Dombasle et Lunéville
Les premiers tirs sur Nancy, dans la matinée du 1er janvier 1916 ont semés la terreur auprès des Nancéens, ce qui visiblement était un des objectif. Un autre but était de perturber l'approvisionnement du front.


source : MLV
 

C'est l'Amiral Max Rogge qui l'a mis au point
Il est sorti des usines Krupp

On l'a appelé « Lang Max »" soit « Max le long »,  « Le Brumaire » soit « Le grognard » puis "Gros Max".

900 hommes (dont des militaires allemands exemptés de service et des prisonniers russes) ont construit les galeries souterraines qui font bien 200 m, le pas de tir (encore visible à ce jour) et le réseau ferré. A ce jour on distigue le passage des voies.

- Pour sa logistique il a été construit en même temps :     

* Un terrain d’aviation à gauche à la sortie de Burlioncourt en allant sur Haboudange. C'est là que stationnait la Feld Flieger Arbeitung et ses Fokker (mono et bi-places armés de 2 mitrailleuses, une à l'arrière et une autre qui tirait à travers l'hélice)

* Un dépôt de machines à vapeur à Puttigny

* Un hôpital de campagne et une infirmerie dans la ferme d'Hédival. Sur une ancienne photo on relève "Apothèque" sur le mur. Le train passait par Hédival

* Une gare entre Hampont et le Max vers le "Kiborne". Les affaissements de terre, visibles depuis la route Hampont/Château sont un repère.



* Un stockage de munitions dans la forêt d'Amelécourt

* Des voies ferrées fictives pour tromper l'ennemi

* De la fumée opaque faite depuis la forêt d'Haboudange permettait de "noyer" celle du Max et ainsi éviter le repérage du canon.

* La consolidation des routes environnantes. (Mur de soutainement entre Hampont et Morville). Les prisonniers russes qui ont construit ce mur y ont laissés une pierre de taille gravée en gothique en souvenir de leur passage. A ce jour nous ne l'avons pas retrouvée. 
L'ancienne route passant plus haut. A ce jour l'ancienne route est un chemin de bois (visible avant les virages et la descente vers Hampont quand on vient de Morville)

* Un camp de prisonniers russes dans le bois du Comte (forêt au dessus du village de Morville). C'est la partie clairière.

Une voie ferrée allait de Hampont au camp de prisonniers. A ce jour il reste peu de traces. Encore un peu de ballast

 

La surface totale de l'ouvrage est estimée entre : 1.2 et 1.5 ha dont :

-      Voies ferrées = 3000 m2
-      Enceinte des ouvrages = 8000 m2

Le choix de son implantation date d'avril 1915. En  août 1915 les travaux sont bien avancés. Il devait être opérationnel en septembre 1915 mais les bombardements des Français ont repoussés son installation.

Le premier tir a eu lieu le 01-01-1916 en matinée sur Nancy puis Jarville. Comme aucun avion ne survolait la ville, les Nancéens se sont doutés qu'il s'agissait de tir en provenance d'un canon longue portée.

Le 26 février, 35 obus sont lancés sur Nancy et 5 sur Lunéville. Les Français ripostent et des obus éclatent près du Max. Les servants sont pris de panique.
Un avion de repérage situe le Max, les tirs sont ajustés et les obus éclatent un chambre à munition tuant 7 hommes. Cette riposte n'a toutefois pas détronée le Max et le 20 mars - 20 avril, le Max gronde une 20aine de fois.
Le 1er juillet on compte un 10aine de tirs sur Nancy et le 02 juillet encore 2 tirs.

Une centaine d'obus ont été tirés sur l’agglomération nancéienne. Ils ont fait 38 blessés, 20 morts et d'importants dégâts matériels.
Le canon devait être changé tous les 65 tirs en raison de son élongation et du rétrécissement de son diametre.

La riposte française a détruit le canon du Max, qui fut remplacé à priori une fois.

Le dernier obus a été tiré le 17-01-1917 et le gros max a disparu en mars 1917 pour le port de Kiel en Allemagne. Tous les servants du Max sont rentrés dans leurs pays, sauf un qui se serait marié avec une fille d'Hampont

 

En arrivant sur le site en 2011,
Les nombreux trous des bombardements Français témoignent encore. Toutefois, est-ce des bombardements de 14 ou de 39 car lors des 2 guerres le site a été une cible.


 
Les pièces de 38 cm étant des pièces de marine, ce sont les régiments de marine qui les arment.  Les obus sont chargés par un ascenseur.

L'ascenseur - monte charges
 


 

Un mirador au sol permet de localiser le site 

 

La cuve (avril 2011)

Le côté gauche donne accès aux galeries et aux escaliers de sortie de secours


 

La cuve autrefois / les rails
 

La cuve :
Profondeur = 3,50 m + 0.90 m pour le couloir de circulation avec 4 gradins
Diamètre à la base = 23m . 

Les rails = 2.6 km allant du Kiborne (réseau reliée à la gare d’Hampont) au Haut de la justice (chemin face à Hédival). Sur le site du Max le réseau comptait 3 voies

Une voie arrive devant le Max, une vers l'ascensseur et la 3éme aux galeries
 
 


L'actuel chemin entre le Max et la sortie du bois vers Hédival est l'ancienne voie ferrée
La voie principale entrait dans le bois puis se séparait en voie plus petites
Par endroit il y a  encore le ballast qui témoingne.
Les rails sont actuellement présentent ici et là au village.
On en trouve près de la mairie qui servent de piquets à clôture




La voie des galeries où seront stockés les munitions dans des "chambre"

je dois refaire ce dessin. Les galeries et l'arrivée des rails ne sont pas bien faite car à l'époque je n'avais pas assez d'infos => revenez prochainement sur cette page !

A environ 5 m à droite (en regardant le sens de tir) se situe la plateforme qui recevait les 3 rails


 
Les galeries (avril 2011)

 
une galerie arrrive à droite face au "couloir vers cuve"    -                  Entrée d'une galerie
 
Il y a 2 blocs de 50 mètres qui relient 5 à 6 chambres de 12 m2 (stockage des munitions, chambres de service et de logement). 

 une chambre
 
 

Les murs ont parfois plus d’1m d’épaisseur
On y voit encore les palpanches métalliques
Les dalles font jusqu'à 1.5m d'épaisseur


 

***********
 

 

Ce type de site est donc assez rare : 8 emplacements sont choisis entre 1915 et 1916 :

Sémide (Ardenne),  Kattestraat (Belgique), Coucy-le-Château (Aisne), Saint-Hilaire-le-Petit (Marne), Spincourt (Meuse), Santes (Meuse), Hampont (Moselle) et Zillisheim (Haut-Rhin).


De Morville les Vic au Gros Max :

On ne sais pas pourquoi le site n'est ni fléché, ni mis en valeur.
A noté que c'est une propriété privé. Merci de respecter le site

L'association MLV a donc fait le fléchage à
l’occasion de la seconde marche morvilloise avec des petits panneaux "MAX" qui sont remplacés petit à petit par ces indicateurs jaunes

Le parcours se fait depuis la sortie de Morville Les Vic direction Hampont (à gauche avant le virage), via ce que l'on pense être une voie romaine secondaire qui allait de Morville à Hédival (compte tenu des pierres présentes et du tracé rectiligne). 

Prendre le 2ème chemin à droite et entrez dans la forêt (début du fléchage) après avoir traversé une prairie.

 


Lors de la marche nous avons trouvé ce tirefond à l'emplacement de l'ancienne voie ferrée


***********
 

Le témoignage de Marcel Ternardné le 07/10/1909 à Hampont
 - Maréchal ferrant retraité 
 


Monsieur Ternard déclare :


« Encore très jeune en 1916, je me rappelle toutefois qu’il fallut un jour ouvrir toutes les fenêtres et les accrocher solidement.

Tout le monde était énervé, maman surtout, en apprenant qu’on allait tirer de la forêt toute proche de Morville Les Vic avec une grosse pièce d’artillerie.

Lorsque le premier coup partit, ce fut un bruit infernal, la terre tremblait et dans les maisons tout vibrait. »

« Maman nous couvrit de son large tablier et nous fit alors rentrer. Ai-je eu peur ? je ne le pense pas.

Au fond de la cave chacun était prostré dans le silence et retenait son souffle. Jusqu’au moment où l’on entendit un long écho d’explosion, le cris des volailles, puis le piétinement et le cris des chevaux, leurs hennissements.

« Il faut nous attendre à la riposte des français », entendai-je dire

La riposte ne tarda pas. Le jour même, peut-être les jours suivants seulement, de nombreux obus arrosèrent le village et ses environs. Ce n’est que plus tard que les tirs dirigés par un avion d’observation français furent compacts et plus précis.

Très vite le but fut atteint : toutes les installations et le canon lui-même furent détruits »

« Je me rappelle avoir vu arrivé en gare d’Hampont un canon de remplacement. Sa longueur était énorme. Il reposait sur deux wagons. Aujourd’hui je pourrais dire qu’il mesurait 12 à 15 mètres.

Ce canon, finalement, fut démonté et réexpédié en Allemagne. »

« A ouï-dire, l’artillerie lourde française devait se trouver dans les environs d’Arracourt à environ 12 à 13 kilomètres à vol d’oiseau. »

« Une fois détruites les installations du Gros MAX, la vie devint plus calme dans le village. Les alertes aux avions étaient cependant encore fréquentes et maintes fois nous couchions dans les caves »

« Tous les travaux nécessaires à la mise en place de ce canon furent exécutés par 1 ' Arbeitsdienst et la Strassenbau=Kompanie , personnel allemand non mobilisable ou exempté du service actif. On a aussi parlé de prisonniers russes.»

« Un des obus de 38 est exposé à l’hôtel de ville de Nancy »

Extrait du mémoire réalisé en 1984 par les maires d’Hampont, Morville, ….


 La marche au Max de 2011 => 



Juin 2012 :


Sortie historique avec Roger RICHARD au Gros MAX.
Départ de Morville Les Vic en passant par le bois où se situait le camp des prisonniers russes.
Voir sur le site des amis du Saulnois



Mars 2014 au village de Morville Les Vic :


2 étudiants très sympathiques de l'école de Journalisme de Lille ont fait le déplacement à Morville pour découvrir les infrastructures de Max.
Avec Hervé nous les avons conduit au camp de prisonniers, voies ferré
es, gare, hopital ... enfin tout ce qui est (ou ce qui en reste) autour de Morville avant d'arriver à la Cuve du Max.
En complément de l'article qu'ils ont rédigés le soir même, nous remercions Roger RICHARD qui a contribué à notre savoir et à notre collection d'infos que nous possédons sur le Gros Max et qui n'a pu être présent ce jour.
Ces étudiants ont découvert Morville grâce à ce site
. Durant une semaine plusieurs groupes d'étudiants longent la ligne de front et alimentent régulièrement un site sur 14-18


Leur blog avec la page du MAX :
http://surlalignedefront.fr/2014/03/06/max-gros-mais-canon/


 

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5/6/2017

Commentaire de Web Master

Si vous souhaitez une visite guidée n'hésitez pas à me contacter
mlv57170@gmail.com
Cordialement Arnaud NOEL

1/12/2016

Commentaire de Seb

Merci pour ce beau document, depuis que je cherchais des docs sur le gros max, c'est fait... www.lfem.fr

2/6/2016

Commentaire de Olivier Dobrynine

Bravo pour votre article et les photos merci encore mille fois d'avoir partagé vos connaissances sur internet

17/4/2016

Commentaire de Vincent

Étant passionné par les vestiges de guerre, j'ai voulu me rendre sur le site du gros max mais malheureusement, aucun fléchage n'indiquait le lieu en forêt. J'ai tourné pendant 1h en forêt sans rien trouvé, mis à part des dizaines de trous d'obus

15/3/2015

Commentaire de david dubal

Site tres interessant, je vais me rendre sur le site du gros max. Excellent travail de recherche

2/7/2014

Commentaire de Reinhard Fickinger

Votre site est interessant.J´abitait à Gerbécourt.
En 1965 visiter plusieur fois le Grd. max

16/6/2014

Commentaire de Arnaud

pour répondre à Roland Gauthier, je ne sais plus, donc j'ai modifié en résumant un témoignage en ma posséssion.

7/6/2014

Commentaire de Roland Gautier

Pourriez vous indiquer vos sources concernant cette affirmation "" Le but était de terroriser et de perturber l'approvisionnement du front, mais aussi une vengeance pour ne pas avoir pu s'emparer de Nancy""". Merci d'avance.

5/3/2014

Commentaire de Bazin

Habitant Landroff, je vous adresse mes félicitations pour la qualité et la richesse de ce document, les photos d'archives sont bien mises en valeur et la documentation technique très détaillée (voir le Gros Max), un grand merci




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